Une idylle à Bayonne

Publié le par Moris Dia

La maison où était Mme Hugo appartenait à une veuve qui s’en était réservé un étage. Cette veuve avait une fille. Victor avait neuf ans ; la fille de la veuve en avait dix. Mais dix ans pour une fille, c’est comme quinze pour un garçon. Elle le protégeait et le soignait.

Quand il y avait un exercice à feu, Abel et Eugène, qui faisaient les grands, comme disait leur mère, ne manquaient pas d’aller voir la manoeuvre sur les remparts. Victor aimait mieux rester avec la petite fille. Elle lui disait — Viens avec moi, je te ferai la lecture pour te désennuyer. Elle le menait dans un coin où il y avait un perron. Ils s’asseyaient tous les deux sur les marches, et elle se mettait à lire de très belles histoires dont il n’entendait pas un mot parce qu’il était occupé à la regarder.

[chapitre XVI]

 

La population basque se distingue du reste de ses compatriotes par son extrême propreté. Les paysans y ont l’orgueil du linge. Ils portent de belles chemises à manches larges dont la toile est très grosse, mais très blanche. Ils les font laver sans cesse, ce qui fait que les prairies sont couvertes de toiles éclatantes qui parent la campagne, avant de parer les habitants. Mme Hugo, qui aimait peu les voyages et qui, d’ailleurs, en était lassée, se réconcilia un peu avec eux à la vue de cette nature et de cette propreté. Elle se figura que l’Espagne allait être une Biscaye perpétuelle, et elle dit à son aide de camp qu’elle commençait à croire qu’elle s’y ferait. Le marquis lui laissa cette illusion…

[chapitre XVII]

 

In : la biographie de Victor Hugo, raconté par Adèle

 

 

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Publié dans Histoire

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