Secrets de campagne

Publié le par Moris Dia

A Grenoble, le député sortant, devenu UMP dissident, qui affronte le candidat officiel Alain Carignon (29 mois de prison) résumait amèrement, sur France Inter, ce matin : « en cette période, même une chèvre avec une étiquette UMP se ferait élire à l’Assemblée Nationale » !
Non moins dépités, les candidats d’opposition de la cinquième circonscription des Pyrénées-Atlantiques ont dû recevoir, comme moi, le dernier tract du député sortable Jean Grenet, dans lequel, à quelques heures du second tour, il livre enfin le contenu de son agenda législatif en forme de bilan : 1000 rendez-vous !
Cette information chiffrée est tellement énorme
, que je m’y arrête à nouveau.   
Nul doute qu’elle constitue une des raisons majeures du refus brutal de débattre publiquement avec son opposant Jean Espilondo.
Le boulot de cinq ans d’un député consiste essentiellement à produire des rapports parlementaires, à rédiger des propositions de loi, à débattre, à assister aux séances de l’Assemblée Nationale, le tout pour un peu plus de 5 000 € net par mois.
Imaginons les séances acharnées de travail du staff de campagne de Jean Grenet au moment de rédiger son tract de second tour et tenter d’y faire figurer un bilan réel…



Secrets de campagne
Vidéo envoyée par morisdia

Pas simple mais si facile à la fois...

Publié dans Politique

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cat 21/06/2007 09:08

5000€ minimum par mois auxquels il faut rajouter - que le député soit présent en séance ou non - des bonus supplémentaires pour séances de nuit si les séances dépassent les 18h...  Au total je pense que globalement nos chers députés gagnent très très très bien leur vie sans être tenus de se déplacer au Palais Bourbon puisque cela tombe automatiquement et parfois même en liquide ... inoui non ?
Et puis ceux qui écrivent les rapports parlemantaires sont les attachés parlementaires ... en principe un député à une enveloppe pour en avoir au moins deux ... il peut décider de n'en avoir qu'un et mettre le fric octroyé pour le second direct dans sa poche, c'est un revenu complémentaire ... ou d'ailleurs pas en avoir du tout et faire faire le boulot par une secrétaire fonctionnaire grassement payée comme chacun sait ...
Donc si vous croyez qu'un député rédige ses rapports vous vous trompez, tout au plus les lit-il et encore ...
Et puis plus il y aura de projets de lois, plus les débâts seront longs, plus nous nous ferons entubés mais plus nos représentants politiques gagneront eux de la tune ... Alors elle est pas belle la vie ?
bon allez bises à tous
cat
 

un sherpa parmi d'autres 15/06/2007 22:16

Trop fort ce Moris !

Vraiment excellent...

Et sinon Marie-Hélène, pour les cafés on en est où ?

L'écho de l'Assemblée 15/06/2007 01:31

Députés à bons comptes:Si les députés ne sont pas évalués, le site Internet du Parlement permet de mesurer leur travail parlementaire et de pointer quelques attitudes indolentes sur les bancs de l'hémicycle
Pas besoin de sombrer dans le sacrilège journalistique d'un funeste micro-trottoir. S'il s'agit de dresser un bilan des actions de nos vaillants députés à l'Assemblée Nationale, la réponse risque de tourner court. Dans cette mer agitée de lois et d'amendements, qui a pris encore plus d'ampleur sous l'impulsion d'un certain Jean-Pierre Raffarin, le Basque moyen ne pipe rien, et le programme hebdomadaire de France 3, qui retransmet les prises de bec du mercredi dans l'hémicycle, n'y change rien. Mandat public oblige, les faits et gestes de nos élus sont pourtant recensés, archivés, étiquetés et permettent, à l'heure de nouvelles élections, de mesurer les actions entreprises au sein du parlement par nos trois députés sous mandat du peuple basque. Disons-le, dans ce registre, ils n'ont pas brillé par leur zèle.
Nos élus ne sont plus à l'école, ne passent pas d'examen de fin de mandat, ne sont pas sanctionnés en cas d'absence, et n'ont même pas d'oral à passer. Et c'est tant mieux pour eux car ils pourraient bien être recalés, notamment le cancre du trio, un certain Jean Grenet, confortablement installé place 353, dans une position centrale où ne manquent que la fenêtre et le radiateur pour se faire oublier. Le député de la cinquième circonscription a pourtant ce talent puisque le site Internet du parlement, qui consigne les interventions des députés, ne l'a remarqué que quatre fois depuis le 20 janvier 2004. Autant dire que parmi les 577 députés, dont une bonne dizaine sèche carrément les cours depuis 2002, le député maire de Bayonne est classé parmi les moins actifs des parlementaires français.
 
Jean Grenet au rapport
 

 
Jean Grenet n'a établi aucun rapport parlementaire, ce qui lui vaut un zéro pointé dans la discipline. Mais, curieux de nature, il a tout de même posé 59 questions et cosigné 27 propositions de loi, sur les sujets les plus divers. Une ouverture d'esprit qui le fait se préoccuper "des sapeurs-pompiers et des habitants de l'Isère, notamment ceux du nord du département" lors d'une de ses quatre interventions recensées. Pour les propositions de loi qu'il a soutenues, il fait preuve du même déterminisme en proposant des mesures incitatives pour les entreprises facilitant l'exercice de l'activité de sapeur-pompier, et d'un grand éclectisme en se souciant par exemple d'instaurer un système de consigne pour les bouteilles de bière en verre. Quelques constantes, comme des mesures de lutte contre la drogue au volant, ou la limitation de la puissance des véhicules des jeunes conducteurs, ou leur accessibilité pour les personnes handicapées.
 
Service public
 

 
Mais le député de la cinquième circonscription n'est pas "tout bagnole" puisqu'il a également défendu un service garanti des transports publicsŠ en cas de grève. Comme il a soutenu une loi pour maintenir la continuité des services publics, toujours en cas de grève. Il a également appuyé de sa signature des propositions de loi concernant la suppression de la référence de la valeur vénale de l'assiette de l'Impôt de solidarité sur la fortune ou visant à exclure la résidence principale des droits de succession, comme Daniel Poulou d'ailleurs. En contrepartie de ce manque à gagner pour l'État, Jean Grenet a défendu la loi Diefenbacher relative à la maîtrise des coûts du Revenu minimum d'insertion, notamment dans son attribution aux gens du voyage. C'est également cette loi qui préconisait que la liste des bénéficiaires du RMI soit communiquée à la mairie. Sur un plan plus local, le député de Bayonne a surtout défendu les débitants de tabac, notamment ceux qui sont placés en zone frontalière. Et s'il a bien posé une question au ministre de l'éducation nationale sur le recrutement de professeurs des écoles bilingues au début de cette année, il n'a reçu aucune réponse.
Ce bilan, qui semble loin des préoccupations de son électorat, est d'autant plus affligeant que le député Daniel Poulou, semble s'être relevé les manches pour porter des dossiers plus spécifiquement locaux au sein du parlement. Tout au fond de la classe, sur le banc 242, le député de la sixième circonscription n'est pour autant pas un Stakhanov. Zéro pointé pour les rapports, mais tout de même 14 interventions en séance en plus de trois ans, 65 questions posées et 51 propositions de loi soutenues ou directement élaborées, notamment lorsqu'il s'agit de modifier le code de construction et d'habitation ou de créer une exonération spécifique en matière de droit de succession. Près d'une dizaine de propositions de loi ont d'ailleurs été soutenues en bonne camaraderie avec Jean Grenet.
 
Question d'accent
 

 
Mais Daniel Poulou a dû se faire remarquer dans l'hémicycle pour l'accent de ses questions. Politique agricole, travailleurs frontaliers, accords de pêche, gare de Saint-Jean-de-Luz, extension de l'aéroport d'Hondarribia, naufrage du Prestige, et même lutte contre l'ETA, l'ancien maire d'Urrugne a tout de même consacré une bonne partie de ses 65 questions consignées sur Internet à porter des préoccupations locales. Avec ce même engouement partagé par Jean Grenet pour réduire ou supprimer l'ISF qui questionne toutefois l'Intérêt général.
Quant à Jean Lassalle, il fait figure de bon élève face aux résultats de ses deux collègues, et pas seulement pour une bonne note en musique ou sa propension à s'affamer pour défendre l'usine Toyal dans sa vallée. Seulement 38 questions, mais 77 propositions de loi soutenues et 93 interventions en séance depuis janvier 2004. Quant à savoir quel est le seuil de recalage il appartient désormais à chaque électeur d'en juger. Pour le repêchage, les députés Grenet et Poulou ont coutume de faire valoir leurs relations au sein du gouvernement que leur procure ce petit banc parisien. Dans l'ombre de la ministre Alliot-Marie, on évoque des "coups de pouce", "du poids" politique ou des "portes qui s'ouvrent". C'est sûr, ça peut aider. Mais cela n'augmente pas la note de moralité.
 
 
 
 
 

Jean Grenet n'a établi , ce qui lui vaut un zéro pointé dans la discipline. Mais, curieux de nature, il a tout de même posé 59 questions et cosigné 27 propositions de loi, sur les sujets les plus divers. Une ouverture d'esprit qui le fait se préoccuper "des sapeurs-pompiers et des habitants de l'Isère, notamment ceux du nord du département" lors d'une de ses quatre interventions recensées. Pour les propositions de loi qu'il a soutenues, il fait preuve du même déterminisme en proposant des mesures incitatives pour les entreprises facilitant l'exercice de l'activité de sapeur-pompier, et d'un grand éclectisme en se souciant par exemple d'instaurer un système de consigne pour les bouteilles de bière en verre. Quelques constantes, comme des mesures de lutte contre la drogue au volant, ou la limitation de la puissance des véhicules des jeunes conducteurs, ou leur accessibilité pour les personnes handicapées. Mais le député de la cinquième circonscription n'est pas "tout bagnole" puisqu'il a également défendu un service garanti des transports publicsŠ en cas de grève. Comme il a soutenu une loi pour maintenir la continuité des services publics, toujours en cas de grève. Il a également appuyé de sa signature des propositions de loi concernant la suppression de la référence de la valeur vénale de l'assiette de l'Impôt de solidarité sur la fortune ou visant à exclure la résidence principale des droits de succession, comme Daniel Poulou d'ailleurs. En contrepartie de ce manque à gagner pour l'État, Jean Grenet a défendu la loi Diefenbacher relative à la maîtrise des coûts du Revenu minimum d'insertion, notamment dans son attribution aux gens du voyage. C'est également cette loi qui préconisait que la liste des bénéficiaires du RMI soit communiquée à la mairie. Sur un plan plus local, le député de Bayonne a surtout défendu les débitants de tabac, notamment ceux qui sont placés en zone frontalière. Et s'il a bien posé une question au ministre de l'éducation nationale sur le recrutement de professeurs des écoles bilingues au début de cette année, il n'a reçu aucune réponse. Mais Daniel Poulou a dû se faire remarquer dans l'hémicycle pour l'accent de ses questions. Politique agricole, travailleurs frontaliers, accords de pêche, gare de Saint-Jean-de-Luz, extension de l'aéroport d'Hondarribia, naufrage du Prestige, et même lutte contre l'ETA, l'ancien maire d'Urrugne a tout de même consacré une bonne partie de ses 65 questions consignées sur Internet à porter des préoccupations locales. Avec ce même engouement partagé par Jean Grenet pour réduire ou supprimer l'ISF qui questionne toutefois l'Intérêt général.
 

Lool 14/06/2007 23:24

hehehe..et comme on dit Trigano "qui ne tente rien, n'a rien !!!"

Du bel ouvrage quand même le boulot des sherpas Espilondien, mais le cheval parait quelque peu usé.

Lool

le plébéien bleu 14/06/2007 23:15

Bravo pour la caméra cachée !... Et moi qui pensais que notre député-maire se payait un nègre pour rédiger ses tracts... en bien... j'en suis tout retourné : c'est vraiment lui plus efficace communiquant de la côte basque et des alentours.Ceci dit, j'ai un peu vérifié les chiffres et les éventuels écarts et tricheries entre le blog de campagne du futur dépité-maire de la 5ème circonscription et le site officiel de l'Assemblée nationale et... y'a juste sur le chapître des propositions de lois que Jeannot s'est un peu vanté : en fait il n'aurait signé ou cosigné que 27 propositions de lois au lieu des 60 revendiquées sur son document de propagande électorale. Pour les questions posées, 59 au lieu de 60, je ne vais pas chipoter. Et quant au reste de son activité de parlementaire, vraiment très difficile de prouver ou même affirmer quoique ce soit... surtout que, hum, il me semble que Marie-Hélène a une voix de fausset sur la vidéo que tu publies. Bon.Bref, je crains que son bilan (comme celui de Sarkozy pour les présidentielles) ne soit pas un argument vraiment percutant. mais c'est quand même sympa de l'avoir tenté.