Blogs, internet, presse et bonnes pratiques

Publié le par Moris Dia

Suite aux nombreux commentaires (et aux mails) reçus dans ce billet du 26 mars où, lors du lancement du blog de Jean Espilondo, son Directeur de communication avait interrogé les journalistes sur l’usage des revues de presse sur internet, je reproduis ci-dessous, avec son aval, le commentaire de Frédéric Sallet (Sud Ouest) qui a rappelé les pratiques actuelles de la presse en général qui s’appliquent en particulier à Sud Ouest et celles, que nous, blogueur(se)s ou éditeurs de sites internet, sommes en devoir de respecter.

Bonjour à tous,
Au nom de la rédaction de Sud Ouest, et à l'invitation de Moris Dia qui m'a interpellé sur le sujet, voici quelques précisions sur les "droits de reproduction" des contenus de la presse en général.
Concernant les simples liens vers des sites web, ils sont entièrement libres et gratuits, à condition bien sûr de ne pas "encapsuler" la page d'un site tiers dans sa page. On voit ainsi parfois des sites qui affichent leurs propres bannières de pub au-dessus du contenu provenant d'autres sites...
Les liens posent cependant un problème : si la page n'est pas "archivée" sur le site (exemple : sudouest.com où seuls les sept derniers jours sont accessibles), l'internaute obtient ensuite des "erreurs 404"...
Pour contrer ce problème, certains webmasters et blogueurs "copient" la page initiale et l'archivent sur leur propre site. L'intention est parfois louable, mais totalement illégale, que ce soit une page HTML, un texte intégral ou des photos. Seuls sont autorisés les courts extraits et citations...
La seule solution consiste donc à acquitter des "droits de reproduction" qui varient généralement selon la fréquentation du site concerné. Ces droits existent depuis longtemps sur le "papier" (dans la presse et l'édition) et sont gérés nationalement par le "CFC". Dans l'éducation nationale par exemple, les profs ont l'autorisation de photocopier des livres ou des journaux, mais les droits sont gérés nationalement par le ministère au travers d'accords cadres.
On peut signaler également de nombreux procès perdus par des sociétés spécialisées dans la "veille d'actualité" qui photocopient les journaux, les font numériser à Madagascar ou en Asie et vendent ensuite un service d'alertes aux entreprises et collectivités sans s'acquitter des droits de reproduction.

Donc, en conclusion :
- liens autorisés
- extraits et citations autorisés (ne pas oublier de mentionner la source ou l'auteur)
- reproduction d'images, de pages internet ou de textes complets soumise au paiement de droits de reproduction (sauf mention contraire explicite du média : le journalisme open-source existe également, et plusieurs sites Internet proposent des contenus sous licence "Creative Commons" par exemple).
Enfin, je signalerais qu'à Sud Ouest nous disposons d'un service de documentation en charge de la gestion de ces droits (
doc@sudouest.com)
Cordialement
Frédéric Sallet

PS : pour la petite histoire, signalons que de nombreux hommes politiques locaux, dont on pourrait penser qu'ils connaissent la loi, ne se gênent pas pour reproduire in extenso quelques articles favorables... ou défavorables à leurs opposants...

[NDLR] : Merci aux commentateurs qui sont intervenus et celles ou ceux qui ont envoyé des emails ; je ne leur répondrais pas individuellement, le commentaire de Frédéric Sallet éclairant toutes leurs interrogations. A nous tou(te)s, maintenant, de nous y conformer.

DIA

Publié dans Presse - media

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EHB 29/03/2007 00:37

Petit message à l'attention de Frédéric Sallet : Qu'en est-il des articles de correspondant local de presse (CLP) reproduits sans permission et sans contrepartie financière sur le site web de Sud-Ouest, puis revendus sous forme d'archives à 3 euros l'article, le tout sans un centime de royalties, cela va de soi? Comment appelle t-on ce procédé douteux, en langage courant?Maintenant, enfonçons-nous plus profondément dans la quatrième dimension : admettons qu'un CLP reproduise ses propres écrits sur son propre site web, ou sur son blog (ou les deux...), Sud-Ouest aurait-il la possibilité de le poursuivre en justice pour plagiat? Non, parce que tant qu'à faire...