Fêtes de Bayonne - Noyade du poisson

Publié le par Moris Dia

Masquer d'éventuelles défaillances par le secret est un véritable anachronisme. L’information finit toujours par être révélée. Dans les écoles de communication, la maxime du Cardinal de Retz, « l’honnêteté est l’habileté suprême » est inscrite au fronton de toute communication de crise.

Vues les réactions aux annonces faites dans la presse quotidienne sur les drames post-festifs, on comprend maintenant qu’il n’existait guère d’issue, en terme de communication, que de noyer le poisson. C’est gros, c’est très gros et cela met mal à l’aise. Dernier acte, lu dans la presse ce matin, le Maire, Jean Grenet, a confirmé les propos de son adjoint à la sécurité, par le dédouannement, en insistant sur le fait que « ces viols ont été perpétrés en dehors du temps de la fête et de son périmètre » et qu’il « est vraissemblable que les responsables ne sont pas d'ici et plus ici à cette heure ». Le message est tordu : ce n'est pas chez nous et ce ne sont pas des gens de chez nous... Erreur fondamentale de communication : plutôt que de s’en tenir aux faits et d’afficher une réaction immédiate, la municipalité botte en touche et sacrément de travers.

Le Maire s’en reprend ensuite aux medias (son leitmotiv) qui assurent selon lui une contre-communication excessive : « quand j’écoute la télé et la radio, j’ai mal pour ma ville ». Il fustige les journalistes qui produisent « une idée de notre ville qui ne correspond pas à la réalité » et se met à dos la presse qui, depuis des mois, n’arrive pas à obtenir les infos de ses services.

Rappelons que dans le [JPB, 2 août 2006 ], on pouvait lire : « aucun viol avéré n’a été déploré l’an passé pendant les fêtes » et que finalement on apprendra dans la presse, le 8 août, que 5 plaintes pour viol pendant les fêtes 2005 furent déposées. Là, c’est le fiasco : misfit complet entre la communication officielle et les medias. La perte de crédibilité est définitive, quelles que soient les annonces de rattrapage qui seront faites.

Hier soir, le collectif contre les violences sexistes appellait à une manifestation à 18h30 à la Mairie : 80 personnes environ se rassemblaient, encadrées par deux voitures de police.

 

 

Ce matin, on apprenait en outre que de nouvelles plaintes pour viol avaient été déposées. Le citoyen, constate qu’on lui avait menti. Le journaliste, tout autant éberlué, doit continuer d’informer ses lecteurs. L’ambiance ne doit pas être géniale dans les rédactions.

Et de relire un article de François Giannoccaro, Directeur de l’Institut des Risques Majeurs, sur la communication en temps de crise (pdf).  

Je flippe d'acheter le journal demain matin.

Publié dans Fêtes de Bayonne

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rouch 26/09/2006 14:57

je suis d'agen. le mari à ma tante est basque, et donc depuis que je suis petite je fais les fetes de bayonne. les viols c'est le coté sombre qu'on m'a expliqué, ainsi que les dérives de l'alcool. Maintenant que je suis majeures et ayant écouter les mesures de sécurité rabacher depuis des années, on fait nettement attention, jamais d'insouscience. On fait les fetes entre filles en évitant les endroits isolés, en rentrant au maximum vers 4heures grace aux bus des fetes,en buvant l'alcool que nous amenons pour éviter le lsd,...       Mais cette année j'ai vu des choses qui m'ont scandalisé:
des jeunes adolescentes qui servaient de femmes objet à un copain à elles complètement alcoolisé comme elles!
sur la place devant la cathédrale, plus précisemment sur la statut, une jeune femme, est montée sur cette statut où des bouteilles sont jetées sur ceux qui s'aventure dessus, elle tenta de faire un streap tease, je pense en croyant que du fait qu'elle était une femme elle ne risqué rien, sauf qu'elle finit avec l'arcade ouverte. Ici meme un homme s'est fait sodomisé par un autre homme avec pour instrument une bouteille en plastique!!!! 
ma tante travaille actuellement comme cadre à l'hopital de bayonne. En 2005, durant les fetes de bayonne 16viols ont été constaté! chiffre affolant, donc mesdemoiselles, pour nous la fete signifie qu'il faut rester vigilante durant toutes leurs durée.

EHB 19/08/2006 21:50

Ouuuuh! Sud-Ouest !!!

Dia 19/08/2006 15:05

Des moyens de lutte ? J'en vois un : bloguer et s'inviter aux conférences de presse !Merci au JPB de nous avoir éclairer sur ces zones d'ombre. Voir aussi, dans le journal du jour, les réactions du Club de la Presse du Pays basque.Sud Ouest est resté bien silencieux face à ces non-dits. Pire : en ne relayant pas et même en rajoutant assez grossièrement, je trouve (témoin l'édition de leur affichette de promo d'hier dans les kiosques exhumant  "KARIM LE PARISIEN "), le quotidien a trouvé un echo-relais immédiat dans les forums, où l'on peut constater de nombreux commentaires bien populistes, marécageux, anti-étranger et tout tout, qui font le lien vers le portrait du tagueur et noient bien le poisson eux aussi... A gerber... Boooouh...

xala 19/08/2006 14:05

Apparemment, les journalistes en ont aussi ras la casquette :
http://lejournal.euskalherria.com/idatzia/20060819/art177046.php

Seb 18/08/2006 15:53

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