Communication zéro, parano totale

Publié le par Moris Dia

Le JPB révélait samedi (deux derniers paragraphes) le barrage organisé par la municipalité pour déjouer toutes tentatives de critique envers les Fêtes de Bayonne. Secours plus autorisés à communiquer des informations à la presse. Interdiction de parler des sujets qui fâchent. Cellule sécurité injoignable. Remontrances sytématiques envers les journalistes et on en passe. Une véritable caricature ! Mais enfin ? ! Nous sommes des festayres, pas des veaux ! Nous circulons, nous participons, nous témoignons les uns les autres, nous assistons, nous voyons. Bien entendu, nous nous réjouissons des bons côtés de la fête ; notre plaisir est de festoyer, de faire des rencontres, de contempler notre ville magnifique, d’assister aux spectacles. Mais, John, bon sang, tu le sais (on se tutoie chez les blogueurs), toi qui est premier magistrat, avec plus de 200 000 personnes par jour, il est difficile d’empêcher tous les débordements. Il est possible que tu ne circules guère en espadrilles après 22h dans les ruelles qui pissent. Mais tu devrais. Déguise toi et fonds toi dans la foule.  Cela t’inciterait à trouver des solutions pour nos vessies. En Allemagne, par exemple, ils installent de longues gouttières un peu partout sous de petits barnums très mignons ; c’est propre, hygiénique et super efficace. Mets toi à ma place, John… Dimanche soir, je me suis fait pisser dessus, au comptoir du Trinquet Saint-André, au moment même où je commandais une bière… J’étais pas fier. Tu ne l’aurais pas été non plus. J’ajoute que ces barnums à pipi constitueraient de solides remparts contre le tagging sauvage (c’est vraiment un phénomène qui a pris de l’ampleur cette année). Je ne sais pas si tu as vu les façades d’Elkar, ça fait mal. Et je peux te dire qu’on nageait dans le pipi à cet endroit.  

 

 

Et puis cacher quoi, pourquoi ? Il faut faire face. C’est le B-A-BA des relations presse. Rends toi compte que, chaque année, avant, pendant et à l’heure des bilans, c’est le même foutoir. Depuis 1881, le journaliste est libre. Il veut tout savoir. Les bons et les mauvais côtés. Si, par réaction instinctive, tu fais de la rétention d’informations voire, tu lui hurles dessus, c’est la cata assurée. Il focalise encore plus sur tes travers et zappe tout ce que tu aimes. Alors qu’il y a tellement de belles histoires à raconter, je te l’accorde. Sur l’organisation même de ces fêtes : soulignons le travail faramineux des services de nettoyage tous les matins, ç’est impressionnant, tu les féliciteras. Sur les bandas, les penas, des tas de belles histoires.

Bref, l’année dernière, il y avait eu cette mauvaise phrase sur le string (booouh… je te dis pas… c’est mon billet record en fréquentation). Cette année, on apprend que deux viols sordides ont été commis au matin de la dernière nuit, plus une rixe au couteau. Naturellement, nous sommes  horrifiés. Mais le plus ahurissant c’est, encore une fois, cette communication si mal maîtrisée, avec l’adjoint à la sécurité qui souligne dans Sud Ouest que les faits « se sont tous produits, au petit matin lorsque l'heure légale de fermeture des Fêtes est largement passée ». Du coup, je te le dis, tout le monde a bondi. On ne comprend pas. On interprète mal. J’imagine (le contraire me paraîtrait impensable), j’espère, que cette phrase doit être replacée dans son contexte et qu’elle ne signifie pas un dédouannement réflexe de la municipalité (c’est ce que les lecteurs ont compris). Du coup, ça hurle dans les blogs et les filles sont folles de rage aujourd’hui. Elles se demandent tout à coup si la fermeture légale correspond à une fin de surveillance ? D’autant, que béret sur l’Léon, ce matin, elles apprennent par la presse, que l’année dernière ce ne sont pas zéro ni même deux viols, mais cinq qui se seraient produits (cinq plaintes enregistrées) ? ! Folles de rage, je te dis, elles sont rrrremontées, je n'ai jamais vu ça !

Diaaa, John, arrête ce cinéma d’autosatisfaction, reviens à la réalité, ce n’est pas à toi perso que les journalistes en veulent, oublie ton ego, utilise ton droit de réponse pour corriger ce qu’il y a à corriger et rétablis la transparence, c’est le minimum.  

Chié, d’écrire un billet pareil.

Rassemblement du collectif contre les violences sexistes, devant la Mairie de Bayonne, ce soir à 18h30.

 

[Lire aussi dans le JPB]

Publié dans Fêtes de Bayonne

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Dia 09/08/2006 11:17

Mouais... Que dit-il ?
"Il fait remarquer que les victimes sont étrangères à la ville, tout comme les responsables prenant la précaution d’ajouter que cette information est à confirmer par les enquêteurs. Enfin, J. Grenet remarque que ces viols ont été perpétrés en dehors du temps de la fête et de son périmètre. Rendant leur prévention "difficile".
Tous des étrangers (ma gorge se noue) et en dehors du temps et du périmètre des fêtes = botage en touche peu acceptable et faux semble t-il. Il s'agissait donc bien d'un dédouanement, cela me paraissait impensable, mais se confirme. Gros malaise, d'autant que de nouvelles plaintes ont été déposées [ voir sud ouest du jour ]  

kNo' 09/08/2006 09:22

Légère rectification du tir :http://lejournal.euskalherria.com/idatzia/20060809/art175762.php

Fouyaya 08/08/2006 23:11

Absolument exemplaire, immédiatement repéré par tous les professionnels du journalisme et de la communication. Un sujet d'école...
http://gklein.blog.lemonde.fr/gklein/2006/08/bayonne_la_viol.html
 

Léon 08/08/2006 19:35

Exactement, on apprend un an après qu'en fait, il y avait eu 5 viols durant les Fêtes. L'information avait été passée sous silence par les autorités bayonnaises maîtres dans l'art de l'autosatisfaction.