Grand prix du muge

Publié le par Moris Dia

Désolé de casser l'ambiance, mais ces infos typiquement estivales méritent le prix spécial du muge à marée haute.
Je viens de lire l'article du JPB intitulé
"PAYS BASQUE 2020,  une économie en bonne santé, mais fragile".  C'est absolument effarant. Comment, à l'exposé d'un tel bilan, Mr Michel Veunac, premier adjoint de Biarritz et rapporteur de l’atelier Economie-Emploi-Formation, ose t-il résumer une pareille catastrophe ? Avez-vous lu ?
La réalité, celle que nous connaissons tou(te)s, est contenue dans l'article : un véritable effondrement économique et des perspectives terrifiantes...
Reprenons. Ce qui incite le rapporteur à titrer un tel bilan est d'abord l'existence d'une "dynamique démographique". Mais l'effet brillance est vite estompé : la croissance de la population est "essentiellement due au solde migratoire". Qu'ensuite, sur la décade 1994-2004, la création d’entreprises et d’emplois est "particulièrement forte sur notre territoire" : 13 500 emplois ont été créés avec une augmentation de 26,4% des emplois salariés privés. Et ce sera tout pour les points positifs qui ont narcosé l'analyste au point de résumer l'état des lieux d'un trait aussi magistral. La suite de l'article nous éclaire sur le diagnostic :
- rupture de certaines catégories de la population avec le monde du travail, en particulier les jeunes ;
- creusement des inégalités ;
- difficultés pour des personnes peu ou pas qualifiées ou même "trop" qualifiées pour trouver un travail ;
- rotation de l’emploi élevée et majorité de contrats précaires (61% de moins de six mois) ;
- chomage féminin augmentant avec l'âge (plus de 60 % des demandeurs demandeurs d'emploi au-delà de 40 ans) ;
- inadéquations entre qualification recherchée et qualification existante : demande supérieure à l’offre pour les employés qualifiés, techniciens, agents de maîtrise, cadres et demande inexistante quand la qualification augmente (une offre d’emploi de cadre pour 16 demandes) ;
- impasses de recrutement dans la construction, l’hôtellerie, la restauration, la santé et le tertiaire liés à des problèmes propres à ces secteurs (conditions de travail, rémunération) ou à celui du logement. Difficultés particulières d'insertion pour les femmes ;
- isolement des personnes en "échec familial" ;
- près de 6 000 Rmistes en Labourd, Basse-Navarre et Soule fin 2005, une grande majorité de personnes seules (1/3 d’hommes et 20% de femmes seules ou vivant avec enfant) et une proportion d’allocataires de plus de cinq ans d’ancienneté (1/3) plus élevée sur notre territoire ;
- décrochage d’une partie des jeunes avec le monde du travail, le recours à l’intérim étant devenu pour certains d’entre eux un "mode de vie" permettant de concilier précarité sociale et attachement à un cadre de vie favorable à une vie sociale intense (sports de mer, de montagne, festivités...) ;
- déficit de parcours rémunérés qualifiants ;
- accès à la formation particulièrement difficile. Dans certaines zones d'emploi (Oléron, Mauléon), les jeunes sont plus pénalisés que les adultes ;
- difficultés pour les jeunes ménages à accéder à un logement.

Voilà... Le politique peut partir tranquillement en vacances.

Son bilan économique passera certainement inaperçu.

On retiendra surtout les mots "bonne santé". La fragilité déclarée sera certainement prétexte à une belle rhétorique de rentrée, calée sur un "contexte de mutation" et qui pourrait nécessiter la création d'un emploi au sein d'une nouvelle sous-commission de la prospective chargée de rédiger un rapport sur la base d'une étude que pourrait lancer le sous-chef du vice-département des constats. Mouais... Mais cela nécessiterait de la part du sous-chef du vice-département des constats, qu'il anime un atelier spécial, au confluent de la coopération décentralisée inter-économique du bas-adour et de la pêche à l'anchois. Mouais...
D'ici là, j'aurais renouvelé mon inscription sur les listes électorales.

Mouais... Un sacré bilan.

Prix spécial du muge à marée basse pour les solutions proposées :
Soutenir la structuration des secteurs de l’économie en organisant les principaux secteurs productifs sous forme de clusters, organiser les acteurs publics et privés "dans la gouvernance économique du territoire", associer les entreprises, la formation et la recherche, sont parmi les pistes de travail à développer dans la perspective de Pays Basque 2020.
J'aime beaucoup les "clusters", vocabulaire emprunté à l'informatique, qui, dans notre situation, signifie sans doute "clans" ou "tribus de notables".

Publié dans Politique

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GIL ST JEAN 26/07/2006 19:34

OUAHOU !!
Tu étais vénére ce 18 juillet mon pote, à quand un entartrage de certains  "clusters" ??........j'en suis !!